2019, le tournant culturel

En 2018, devant les changements qui se déroulaient à la fois dans l’univers culturel et dans le monde spatial, nous avons définitivement abandonné l’appellation de laboratoire arts-sciences au profit de celle de laboratoire culturel qui nous semblait mieux définir notre ambition et le contexte international dans lequel notre activité s’exerce actuellement. En effet, l’intérêt pour les activités spatiales a connu une expansion rapide ces dernières années, grâce d’une part à l’émergence de nouveaux acteurs étatiques et d’autre part au développement d’initiatives privées (NewSpace). Les pratiques et politiques de communication de ces entreprises popularisent l’ensemble des activités spatiales auprès du grand public, jouant parfois sur les fantasmes que l’Espace inspire. Cependant, les enjeux qui sous-tendent ces changements dépassent largement les seules considérations économiques et politiques, et nécessitent de prendre également en compte la dimension culturelle de la nouvelle aventure spatiale qui se dessine au XXIe siècle. Le monde qui en émerge est ainsi un terrain fertile à explorer autant par les chercheurs en sciences exactes et les ingénieurs que par les chercheurs en sciences humaines et les acteurs de la création artistique.

Au sein du Centre National d’Études Spatiales (CNES), l’Observatoire de l’Espace dispose d’une expertise indéniable en ce domaine car il développe depuis l’an 2000 une approche originale pour faire émerger savoirs et créations contemporaines autour de l’univers spatial en associant chercheurs en sciences humaines, auteurs et artistes dans des protocoles de travail et de création.

C’est ainsi qu’en 2019 nous nous engageons résolument dans le tournant de l'élaboration de modèles culturels innovants. Cela se traduit d’une part avec le travail du Groupe de recherches artistiques et culturelles sur l’Espace (GRACE) dont plusieurs restitutions sont attendues cette année, l’une pour la Nuit des idées, l’autre à l’occasion d’une exposition lors des Journées européennes du patrimoine. Cela se concrétise également par un deuxième programme de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » en partenariat avec la Haute École d’Art et de Design de Genève, la Head, dont la toute première restitution se tiendra à Genève durant la première quinzaine de juillet.

En 2019, les zones d’expérimentations vont aussi se multiplier : Sidération accueille le premier congrès international de Cosmicologie sur le thème des grands discours, les Voyageurs de l’Espace entrent dans une nouvelle série de résidences pour créer un spectacle inédit Vox Mundi, et le Studio cosmique reçoit la revue Espace(s) pour son dernier numéro sur le thème de nos géographies mentales.

Programmes de recherches culturelles et nouvelles zones d’expérimentations constituent les fondements de l’avant-poste culturel où se situe l’Observatoire de l’Espace. Rien de cela n’aurait été possible sans nos partenaires : la Casden - Banque Populaire, la Fondation Daniel et Nina Carasso, le Fonds National Suisse de la recherche scientifique, la Délégation Générale à la langue française et aux langues de France du Ministère de la Culture, et l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés ainsi que les artistes, auteurs, et chercheurs qui construisent avec nous, au jour le jour, cette aventure fondatrice et exaltante.

Gérard Azoulay
Responsable de l'Observatoire de l'Espace

Edito 2019
Partenariat avec la galerie Serge Aboukrat : Phase zéro
Jusqu’au 23 janvier 2010, une exposition sur l’Espace,
Phase zéro / 96 propositions spatiales, est proposée par la Galerie Serge Aboukrat en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace du CNES.
96 artistes et créateurs issus d’horizons différents (plasticiens, peintres, dessinateurs, paysagistes, architectes, designers, musiciens, chorégraphes…) expriment au travers d’une œuvre leur vision de l’Espace. Pour accompagner cette manifestation, un catalogue a été édité par l’Observatoire de l’Espace