Le dimanche 21 mars 2010, les artistes (comédiens, auteurs, metteurs en scène, vidéastes etc.) se rencontrent et font la connaissance du comité de rédaction, un groupe d’élèves de première et de terminale L option théâtre (Lycée Frédéric Mistral, Avignon), qui travaillent depuis janvier sur le traitement médiatique du séisme à Haïti. Ce regroupement de tous les acteurs de CNN 03#10 : Flux et satellites est inédit. Pendant la journée commencent également à arriver les observateurs du Team Network, constitué de journalistes travaillant dans différentes revues culturelles européennes.
L’après-midi se poursuit avec une discussion générale, qui doit permettre de mieux définir les journaux théâtraux à venir, d’en cerner les enjeux, les traductions scéniques et thématiques. L’envie et les réflexions artistiques et esthétiques de chacun doivent être conciliées afin de permettre cette expérimentation collective dont les modalités restent à définir.
Lors de ce temps de réflexion, les axes majeurs de traitement du séisme en tant qu’objet artistique sont envisagés. Ainsi, deux lignes narratives sont définies. La première suit le fonctionnement de la Charte « Espace et catastrophes majeures », de son déclenchement jusqu’à la production d’une carte destinée aux secours. Cette trame narrative s’appuie sur des liaisons en visioconférence effectuées chaque jour avec des personnalités du monde spatial.
Ainsi, le lundi correspond au déclenchement de la Charte par la Direction de la sécurité civile française, avec l’intervention d’André Husson, responsable de la Charte au CNES. Après le séisme à Haïti, le CNES a été désigné comme Projet Manager, il devient ainsi l’unité centralisatrice de la demande et de la collecte d’imagerie satellitaire. Le groupe de Project Managers du CNES, auquel appartient Catherine Proy, effectue un travail fortement médiatisé. Cette dernière aborde lors d’une visioconférence les enjeux de la gestion des contacts entre le CNES et la presse, le public, ainsi que les différentes structures scientifiques susceptibles d’être intéressées par les images collectées. Hélène de Boissezon, qui appartenait également au groupe de Project Managers, interviendra selon une approche plus technique, insistant sur la coordination entre les différentes agences spatiales lors du processus Charte. Finalement, le jeudi, une liaison en visioconférence est prévue en direct lors d’un des journaux théâtraux avec Bernard Allenbach, ingénieur au Sertit (Service Régional de Traitement d'Image et de Télédétection). Il représente la dernière étape de la Charte avec la production de cartes accessibles aux équipes de secours sur place.
En parallèle à cette trame narrative se construit un second récit thématique axé sur la notion de catastrophe par rapport au séisme à Haïti. Ainsi, le journal de lundi sera élaboré autour du thème « Les vivants et les morts », mardi ce sera « Les échelles » (construit autour des notions d’échelle dans la douleur, d’échelle de Richter etc.) et le mercredi s’articulera autour de « L’année zéro ». Le décor est constitué d’un « satellite », structure métallique à quatre branches mobiles, comportant chacune un écran sur lequel il est possible de projeter des images. Chaque jour correspond à une configuration différente du « satellite ».
Le lundi, mardi et mercredi ont lieu les journaux théâtraux, à l’heure des journaux télévisés, suivis des présentations de « l’astéroïde » Valérie Cordy.
Le jeudi est une journée plus exceptionnelle. La semaine a été intensive et le programme du 25 mars s’annonce chargé. En effet, un nouveau journal a lieu à 13h. Il est suivi des restitutions des observateurs sur les questions qu’a soulevées pour eux cette manifestation.
Lors de la journée, une réflexion a en effet été menée sur les enjeux du programme des Sondes à la Chartreuse, qui tente une expérimentation conciliant théâtre et approche documentaire, traitement médiatique de l’événement. Ainsi, l’écrivain Joseph Danan l’analyse comme se situant dans la lignée du théâtre engagé d’Erwin Piscator. Les observateurs du Team Network font également part de leur ressenti lors de Flux et satellites. Ils abordent la difficulté de saisir en si peu de temps le thème de la catastrophe et le matériau spatial, soulignant que le lien entre Espace et catastrophe n’est pas évident à recréer pour un spectateur non averti, que les liens entre ces deux univers nécessitent une mise à jour très lisible.
La journée se poursuit avec le groupement d’artistes kom.post sur le « spectateur 2.0 » ou comment réfléchir à un spectateur participatif à travers les nouveaux réseaux sociaux sur internet. Puis les artistes de Flux et satellites présentent la concentration des quatre journaux théâtraux précédents en un journal de deux heures, afin d’en extraire le plus marquant, le plus significatif et de développer certaines thématiques. La soirée se termine avec Breaking, la proposition de « l’astéroïde » Eli Commins.
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